L'humain est il en train de se déconnecter ?

L'humain est il en train de se déconnecter ?

Et si, à l’aube de ce que l’on nomme « évolution », l’humain ne s’était-il pas plus déconnecté ? C’est la question que je suis venue à me poser ces derniers temps.

Dernièrement, je recherchais un appartement. Non pas que je souhaite vous parler de l’immobilier, et mon dieu que ça craint, mais c’est surtout la lecture des annonces qui m’a plongée dans un questionnement fondamental qui est : où, voir même quand, on s’est perdu ?

Non, je ne parle du loyer exorbitant qui nous pousse presque à investir dans la cryptomonnaie par dépit.
Non, je ne parle pas seulement de nos animaux de compagnie qui sont à présent rejetés de tous les lieux habitables qui ont pourtant un jardin. Je comprends que l’on ne soit pas tous amoureux des animaux, ce qui est fort dommage.
Je parle bien d’une fameuse ligne que j’ai pu lire juste après les informations concernant les minutes qui nous séparent d’un arrêt de bus : « enfants bienvenus »…

À quel moment, un logement - que dis-je ? - Un toit, deviendrait un lieu où ils ne le sont pas ? Pis c’est quoi cette phrase ? À quel moment de l’humain on en vient à dire que l’on tolère ou qu’on autorise leur présence dans un appartement 3 pièces et demi, lumineux, avec vitrocérame ? Il s’agit de logements, pas d’hôtels naturistes avec déjeuner à la vodka.
J’imagine déjà le texte dans dix ans : individus bienvenus.

Comme vous le savez, je ne vais pas m’étendre sur le numéro que le monde nous offre en spectacle en ce moment car je suis centrée sur la nature humaine et le divin. Mais s’il y a bien une chose qui est en train de nous séparer de ces deux choses, c’est cette manie de vouloir aseptiser les liens. Je ne nous ai jamais connus plus connectés au monde en étant tout autant déconnectés de l’humain.

On peut littéralement parler à une personne qui est à des milliers de km, dont le fuseau horaire est diamétralement opposé au nôtre, en une fraction de seconde par la connexion d’un appareil plus petit qu’une poche de K-way tricolore sur une fréquence invisible. Tout comme on peut scroller sur des milliards de vidéos de kangourous mangeant des nouilles et se battant sur des airs de Rocky. Si on nous avait dit ça à l’époque où on regardait encore « l’Agence tout risque » sur une cathodique, on aurait cru à une blague. Bizarrement, cette époque faisait parler nos mamans entre elles sur leurs balcons tandis qu’on jouait ensemble à la balançoire, alors que maintenant le simple fait de parler à son voisin est devenu une missive.

Et qu’on ne s’y méprenne pas, je ne vais pas jouer le rôle du « c’était mieux avant ». Ma mère disait déjà cela sur ma génération et probablement sa mère avant elle à la sortie du premier album d’ACDC. Mais ma question c’est : à quel moment l’autre humain qui est à côté de nous est devenu un problème ?

« Enfants bienvenus »… Ils sont notre avenir, l’avenir de notre planète. Et même si le hurlement strident d’un enfant pendant que je lis « une lumière dans la flamme » me donnerait envie de lui faire avaler une vieille chips Inferno, de quel droit je peux me permettre de dire qu’il n’est pas à sa place ici ?

J’ai l’impression qu’on a perdu quelque chose en route. Sur le chemin de cette fameuse évolution. Et cette impression me colle aux baskets comme un vieux chewing-gum mâché.

J’aimerais qu’on arrive enfin à se regarder. NON ! À se voir en fait.
J’aimerais que mes pupilles se posent sur le prochain humain que je vais croiser, au point de m’imprimer son visage dans ma rétine et que, je ne sais pas, il me salue ou il me sourit. Il peut tirer la tronche aussi, au moins j’aurais à nouveau de quoi écrire un article. Mais j’ai envie de voir que ce que l’on nomme interactions sociales devienne à nouveau le centre des besoins sociaux.

Et si l’on essayait, pour voir ? Juste observer si ça changerait le monde… Ce serait une nouvelle quête. Un nouveau Graal.

La reconnexion de l’humain sur l’humain et son humanité… ça sonne bien, non ? Opération RHHH… ou R3H pour les amoureux de R2D2.

En tout cas pour ma part, je vais tenter l’aventure. Je deviendrai cringe à souhait, souriant à tous les inconnus que la terre ait connus et screamerai sur les enfants pour leur faire connaître le métal, et je ne parle pas de l’élément. Mais je serais une humaine connectée. Et une militante du RHHH jusqu’à la fin.

Seras-tu du bon côté de la force ? 


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